UN CONTOURNEMENT… DES PRIORITÉS DU XXIe SIÈCLE !
Publié dans un journal local
Je n'ai pas envie de voir mes enfants et futurs petits-enfants vivre dans un bain de particules fines parce qu'on n'aurait pas su envisager ce siècle du côté du courage et de l'innovation. C'est la raison pour laquelle avec l'association Non à l'Autoroute, le Conseil municipal d'Alizay et la grande majorité de la population, je m'oppose fermement à ce pseudo contournement Est de Rouen. Ces autoroutes A133 et A134 ont été jugées incontournables par l'État pour désengorger l'accès à la ville de Rouen. Or, quand 90% de l'activité industrielle se situe à l'Ouest de la capitale normande, on veut nous vendre de la route à péage de l'autre côté, à l'Est de la ville, où on ne trouve que 10% de l'activité. Il fallait oser ! Ils l'ont fait ! Le maillage autoroutier dans notre région est déjà largement suffisant. Qui peut croire que cette nouvelle infrastructure apportera moins de circulation en ville ? C'est exactement l'inverse que les spécialistes observent. Les gens n'iront pas plus vite mais viendront d'encore plus loin ! Alors pourquoi s'entêter ainsi, si ce n'est pour de sombres intérêts financiers, quand des solutions alternatives et bonnes pour la planète sont proposées par les associations environnementales et les élu.e.s du territoire ? Non seulement, ce projet du siècle dernier ne décongestionnera pas la Métropole de Rouen, laquelle n'en veut pas, mais en plus, il impactera notre département de l'Eure : - Une zone de protection Natura 2000 entre Alizay et Le Manoir-sur-Seine ? Peu importe, on vous servira le cocktail camions, béton, goudron ! - Un risque de pollution des nappes phréatiques ? On aimerait entendre l'État, la DREAL et l'ARS, tous informés de la multiplication sur notre territoire de cancers pédiatriques qui n'en finissent plus d'interroger et d'inquiéter… - Une forêt domaniale et des espaces naturels remarquables ? Qu'à cela ne tienne, les arbres seront coupés sur plus de 500 hectares ! - Une école de football sur le stade d'Alizay, à deux pas du tracé ? Nos jeunes devront peut-être ressortir les masques pour se protéger d'une pollution d'autant plus redoutable qu'il est question d'une colonne à péage à cet endroit ! - Un bruit incessant sur un territoire dont les riverains souffrent déjà du flux conséquent sur les deux voies départementales ? Allez, restons optimistes, on nous fournira peut-être les boules Quies ! On le voit, tout ça n'est pas sérieux ! Surtout qu'existent d'autres propositions crédibles, capables d'apporter des solutions favorisant une mobilité apaisée et sécurisée. Des options ni entendues ni écoutées par ceux qui nous dirigent. Ajoutons que cette profonde balafre sur notre paysage s'élabore en ignorant ce que deviendront les déplacements dans quelques décennies sous l'effet redoutable du dérèglement climatique, mais aussi du fait probable de nouvelles organisations de nos vies professionnelles, entre extension du télétravail et réflexion sur la semaine de quatre jours. Voilà pourquoi nous proposons : 1. d'organiser le quotidien, et tout particulièrement les trajets "domicile-travail" ou "domicile-loisirs" autour du transport en commun, avec un cadencement serré (quasi inexistant sur la rive Nord de la Seine dans l'Eure) mais aussi par le déploiement de pistes cyclables totalement sécurisées et une politique variée d'aides concrètes (acquisition, réparation, stationnement…) ; 2. de créer, de conforter, de développer le fret fluvial pour acheminer les matières premières au plus près de l'activité économique, une solution moins chère, moins polluante et plus efficace que toujours plus de camions sur les routes ; 3. d'organiser la vie du rail en faveur de l'activité économique et du transport journaliser des usagers (aménagement des gares, horaires et fréquence des trains, tarifs…) ; 4. de développer le covoiturage par l'implantation de zones dédiées et protégées, que ça soit dans l'Eure ou la Seine-Maritime ; 5. de supprimer le péage d'Incarville qui, pour l'heure, pousse nombre d'automobilistes à le contourner en venant provoquer des engorgements routiers aux heures de pointe, tout particulièrement pour traverser l'Eure et la Seine à Pont-de-l'Arche. Ces cinq propositions doivent dessiner un avenir viable sur un territoire habitable, revigoré dans sa dimension environnementale, ses besoins économiques le tout pour un quotidien plus confortable. Les citoyen.ne.s n'en peuvent plus des pratiques d'État autoritaires et technocratiques. Celles et ceux qui vivent ici doivent avoir leur mot à dire. Maintenir ce projet polluant, coûteux et obsolète - malgré les récentes réserves du Conseil d’Orientation des Infrastructures - est un bras d'honneur écologique, une sorte de 49.3 démocratique ! Et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'on a déjà eu notre dose… Agissons avec rigueur, ambition et exigence. Les futures générations nous remercieront.
Mais aussi ...
CONTOURNEMENT : POINT DE VUE D'UN MAIRE
Ce n'est pas un secret : je suis un enfant de ce village. C'est un peu mon "pays", celui où j'ai grandi, appris, mûri. Un territoire que j'ai vu changer pour évoluer, se transformer pour mieux se développer. Tout cela m'a poussé à m'y engager, entre respect des traditions et nécessaire modernisation. Car aux solutions du passé qu'on veut nous imposer, je veux opposer l'innovation, l'imagination. Cette année encore, sur la base de 187 critères retenus (INSEE), Alizay est classé n°1 des villages* de l'Eure où il fait bon vivre. A nous d'agir pour rester les premiers !
POUR L'ABANDON DU CONTOURNEMENT
Madame, Monsieur, Vous le savez, j'agis chaque jour pour la sauvegarde de notre précieux territoire. Ainsi, avec le Conseil municipal et les associations de défense de l'environnement, je m'oppose à l'autoroute supplémentaire envisagée à l'Est de Rouen. Ce projet est d'une autre époque, celle du tout camion, du tout goudron… Tout pour nos poumons ! Car ce qui s'annonce, ce sont particules fines et gaz d'échappement, pollution sonore et viaduc en zone Natura 2000. Je refuse la folie financière et le déni de droit d'un État qui avait promis de ne pas aller à l'encontre de la volonté des collectivités territoriales. Nous portons des solutions efficaces, innovantes. Pensons un avenir mêlant transports en commun, covoiturage, ferroviaire, fluvial, ferroutage, télétravail, fin du péage d'Incarville. Le 26 février, nous avons organisé une grande marche contre l'autoroute avec des départs de Val-de-Reuil, de Pont-de-l'Arche et d'Alizay. Pour préserver un cadre de vie respirable, continuons, dans l'union, à porter des propositions réalistes et respectueuses.
ÉDUCATION : UN MINISTRE QUI MONTE ? NON, UNE ÉCOLE QUI DÉGRINGOLE !
Des uniformes pour cacher les inégalités sans s'y attaquer, des redoublements dont on connaît l'inutilité, des groupes de niveau pour séparer les enfants dès 11 ans : pas une semaine ne passe sans que Gabriel Attal nous montre qu'il a les solutions… de ceux qui n'en ont pas ! Pendant ce temps, l'Ecole est en chute libre comme l'ont montré les récents résultats de l'enquête PISA. Si le chouchou fait son show de studio en plateau, c'est parce qu'après 6 ans ½, le bilan de Macron est catastrophique. À la rentrée, il manquait des professeurs dans au moins la moitié des collèges et lycées. Et ce, malgré des recrutements en 30 minutes, sans concours, sans formation et sans les diplômes requis ! Il y a peu, au collège Allais de Val-de-Reuil, deux classes étaient privées de cours de français depuis près d'un mois. Au lycée Buisson d'Elbeuf, six classes n'avaient plus cours de physique-chimie depuis trois mois. A Pont-de-l'Arche, un professeur n'était toujours pas remplacé après 6 semaines d'arrêt-maladie ! Pourtant, le Président de la République avait promis des enseignants remplacés "systématiquement", et même "du jour au lendemain". On en est loin. Et que dire des enfants en situation de handicap qui n'ont même pas leurs accompagnatrices malgré les notifications ? Le Code de l'Éducation indique pourtant que "l'éducation est la première priorité nationale". Or, les économies faites sur le dos des élèves vont nous coûter cher. Il faut investir massivement dans l'éducation en partant des besoins réels, rendre ses métiers attractifs, baisser les effectifs, soutenir les initiatives et les projets. Car s'il y a bien une chose interdite en éducation, c'est le fatalisme face aux injustices.
RETOUR DES 90 KM/H : VITESSE ET PRÉCIPITATION DANS L'EURE !
Depuis des mois, emmenée par Sébastien LECORNU, la majorité de droite du Conseil départemental de l'Eure porte de façon obsessionnelle le projet d'un retour aux 90 km/h sur les routes euroises : pétition, présence sur les marchés, dossier dans le magazine départemental et tribunes dans les numéros 40, 41, 42, 43, 45, 46 et 47. Pire, Alexandre RASSAËRT, Président du Département, affirme que les 80 km/h "ça ne marche pas", que c'est un "échec" et que le nombre de blessés aurait "littéralement explosé". Suivant une logique absurde, il faudrait donc rouler plus vite parce qu'il y aurait eu plus de blessés. Or, les chiffres officiels contredisent totalement ce qu'affirme à l'unanimité la majorité départementale. En effet, voici d'abord l'évolution observée sur les routes départementales de 2016 à 2024 : - Blessés graves : moins 36 % - Blessés toute gravité : moins 12 % - Nombre d'accidents : moins 20 % - Nombre d'accidents mortels : moins 31 % - Nombre de tués : moins 34 % Sachant que la limitation à 80 km/h est entrée en vigueur le 1er juillet 2019 et que l'année 2020 fut celle des confinements, prenons maintenant l'évolution de l'accidentologie sur les routes départementales de 2021 à 2024 : - Blessés graves : moins 8 % - Blessés toute gravité : moins 15 % - Nombre d'accidents : moins 27 % - Nombre d'accidents mortels : moins 33 % - Nombre de tués : moins 36 % Ces chiffres impressionnants, qui démontrent les bienfaits de la limitation à 80 km/h, chaque conseiller départemental de l'Eure les connaît puisqu'ils ont été communiqués en Session plénière au moment d'étudier cette question. Rappelons encore que sur les départementales de l'Eure, la vitesse est responsable de près de 26 % des accidents. Et quand elle n'en est pas la cause, elle en est le facteur aggravant. Car tout est pire en allant plus vite. Du passager indemne on passe au blessé léger, du blesser léger au blessé grave, et du blessé grave au décès. Ainsi, la vitesse est responsable de 30 % des accidents mortels dans notre département, toutes routes confondues. D'ailleurs, contre ces excès, Charles GIUSTI, Préfet de l'Eure, appelait à la "révolte" en mai dernier. En vain, visiblement. Bref, si elle est sans fondement scientifique, la décision du Département est donc purement idéologique, ce dont son Président ne se cache plus. Pour des raisons électoralistes et populistes la majorité de droite s'est engagée pied au plancher dans cette impasse sans aucune volonté de faire demi-tour, ignorant même les signaux négatifs des spécialistes de la prévention routière. Parce qu'une telle mise en danger est totalement irresponsable, nous continuerons à nous y opposer tout en défendant les grands enjeux que représentent le développement des mobilités douces et le partage de la route entre tous les usagers, pas seulement les automobilistes un peu trop pressés.
