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Questions de santé : Cancers pédiatriques, ZFE, retraites

vendredi 23 septembre 2022

Monsieur le Président, Mes chers collègues, Je souhaite attirer votre attention sur trois sujets qui peuvent difficilement échapper à notre intérêt puisqu'ils ont pour point commun les questions de santé. En premier lieu, comme chacun le sait désormais, une concentration très préoccupante de cancers pédiatriques a été observée ces dernières années dans le secteur Igoville / Pont-de-l'Arche. L'alerte a été lancée par plusieurs mamans. On a alors compté 11 cas de cancers en deux années, 5 autres depuis, en sachant que ce nombre de cas est encore plus élevé en comptabilisant les personnes ayant déménagé. Or, d'après les études menées par l'Agence Régionale de Santé pendant 3 ans, aucun facteur commun n'a pu être identifié, l'ARS parlant d'un "regroupement ponctuel" de cas. Vous reconnaîtrez que cette réponse ne peut être satisfaisante pour les personnes victimes, ni rassurante pour la population de notre Canton. Souhaitant poursuivre le travail initial d'alerte, d'information, de médiatisation et d'investigation, l'association "Cancers, la vérité pour nos enfants" a été créée fin mars 2022. Elle réunit de nombreuses personnes, bien au-delà des parents directement concernés, les membres de l'association nous indiquant même avoir reçu le soutien de Madame Macron. Comme Conseillers départementaux nous sommes en contact direct avec cette association et participons aux réunions publiques. Lors de la dernière, le 14 septembre, nous avons appris qu'à l'initiative de l'association, des tests plus larges vont être menés, intégrant des analyses de terre, d'air et d'eau. Or, ces prospections coûtent cher. Voilà pourquoi nous avons sollicité le Département pour que soit attribuée une subvention de 5.000€ qui permettra à notre collectivité d'apporter son aide dans cette recherche légitime de vérité et de solutions. Le deuxième point que je souhaitais aborder touche également à la santé puisqu'il s'agit des ZFE - zones à faibles émissions mobilité – où la circulation des véhicules les plus polluants est limitée, voire interdite. Après Paris et le Grand Paris, Lyon et Grenoble, c'est au tour d'autres agglomérations dont celle de Rouen. On peut difficilement contester cette réglementation quand la pollution atmosphérique, d'après une étude de l'université Harvard, provoque 100.000 décès prématurés par an en France, ce qui devrait d'ailleurs pousser les pouvoirs publics à aller beaucoup plus loin dans le développement des alternatives, qu'il s'agisse des transports en commun ou des mobilités douces. Ces interdictions de circulation s'accompagnent tout de même de dispositifs d'aides sous forme de primes ou de surprimes. Pour sa part, le Département de la Seine-Maritime a mis en place un dispositif d’aides financières pouvant aller jusqu’à 4.000 €, pour les habitants qui entrent dans la zone à faibles émissions pour venir y travailler. Or, de nombreux habitants de l'Eure se rendent également dans la Métropole de Rouen pour exercer leur métier. Soumis aux mêmes règles, ils ne peuvent en revanche bénéficier des mêmes aides. Dès lors, nous demandons qu'à son tour, notre Département participe à l'effort financier permettant aux travailleurs concernés de ne plus être pénalisés. Enfin, et ce troisième point sera le dernier, la question d'une nouvelle réforme de notre système de retraites vient d'être remise sur la table par le Président Macron qui évoquait récemment la possibilité de glisser un amendement dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale. Et face aux oppositions évidentes, le recours au 49-3 est à nouveau envisagé comme en février 2020. Etonnant quand on relit le programme des présidentielles de 2022 où le même Emmanuel Macron expliquait que : - "le problème des retraites n’est plus un problème financier", - "les perspectives financières permettent d'envisager l'avenir avec une sérénité raisonnable" - ou encore que "l'enjeu aujourd'hui n'est pas de repousser l'âge ou d'augmenter la durée de cotisation." D'ailleurs, au sein même de la majorité présidentielle, plusieurs voix s'élèvent jusqu'au Président du Conseil National de la Refondation - François Bayrou - qui met l’exécutif en garde contre tout "passage en force". Les Français ne sont pas dupes. En 2021, le système de retraite a été excédentaire de près de 900 millions d’euros. En 2022, il connaîtra un excédent de 3,2 milliards d’euros. Certes, il y aura des années de déficit, mais le Conseil d'Orientation des Retraites est formel : la trajectoire est contrôlée pour les 50 prochaines années. Dès lors, quand en plus des angoisses liées à la crise climatique, à la guerre en Ukraine et à la pandémie de Covid, nos concitoyens voient s'envoler l'inflation et les prix de l'énergie, n'y a-t-il pas mieux à faire que de relancer cette inutile réforme dont les Français ne veulent pas ? Peut-être aurez-vous, Monsieur le Président, quelques nouvelles rassurantes allant dans ce sens ? En tout cas, si besoin, nous serons aux côtés des salariés, et tout particulièrement des agents du Département, qui contesteront cette énième attaque contre le droit à une retraite bien méritée. Je vous remercie.

Intervention de Monsieur Arnaud LEVITRE, Président du groupe l'Avenir en partage