MUNICIPALES 2026 : ABSTENTION, RACISME ET MAUVAIS COUPS
vendredi 10 avril 2026
Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, Mes chers collègues, Lors des dernières municipales, près d’un citoyen sur deux ne s’est pas déplacé pour voter. En douze ans, la participation est passée d'environ 64 % à 54 %. Une abstention historique pour un scrutin pourtant central dans notre vie quotidienne. Cela montre que si nos mairies sont restées stables, la démocratie, elle, s’endort. À un an des présidentielles et législatives, il faut vraiment se poser la question : sur quelle base citoyenne repose encore notre République ? Sans doute un socle qui réduit, se fragilise et se décourage. Pire, la parole raciste s'est libérée à un point inédit dans l'espace public et les médias. D'abord contre des candidats pendant la campagne, puis à l'encontre de certains élus noirs, notamment le tout nouveau maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko. Des propos insultants que refuse de condamner l'extrême droite et qui n'ont suscité aucune réaction d'Emmanuel Macron. Un silence qui en dit long… Là encore, une bien triste abstention ! Comme je le disais, désormais, beaucoup de nos concitoyens doutent que la politique puisse changer leur vie : se soigner, se loger, vivre de son salaire, être respecté, préparer sa retraite… Et pourtant, le pouvoir ignore les alertes malgré les défaites. Quand Emmanuel Macron dissout l’Assemblée en 2024 puis ignore les résultats des législatives, quel message envoie-t-il ? Que le vote, ça compte… seulement quand ça l'arrange ! Quand, sitôt passées les élections municipales, nos communes voient leur budget ponctionné par l'État, que faut-il comprendre ? Que les engagements des élus vont être entravés dès le départ. Et que dire de l’Éducation nationale, le "domaine réservé" du Président ? Dans l’Eure, 66 classes primaires vont fermer pendant qu'au niveau national 4 000 postes sont supprimés. Là encore, quel message envoie-t-on aux parents et aux enseignants avec un tel renoncement ? Car, oui, le nombre d’élèves diminue en France, mais c’est une opportunité ! Une occasion historique pour : - réduire les effectifs par classe bien trop élevés, - reconstituer les RASED pour les élèves en difficulté, - développer les dispositifs ULIS et SEGPA, - accompagner vraiment les élèves en situation de handicap, - renforcer les remplacements, - permettre la formation continue des enseignants, - relancer le dispositif "plus de maîtres que de classes", - instaurer le travail en petits groupes notamment en langue, - rouvrir l’accueil dès 2 ans. Bref, transformer la fatalité en opportunité dans l'espoir d'une jeunesse curieuse, cultivée, épanouie, ambitieuse, instruite. Or, que fait-on ? On sort les tableaux Excel et puis on ferme. On justifie cela par des "caisses vides", alors qu’on sait trouver 270 milliards chaque année d'aides publiques pour les entreprises. Oui, on ferme dans nos écoles publiques alors que l’enseignement privé est subventionné aux ¾ par l'argent public. On n'a plus les moyens mais on trouve plus de 400 milliards pour la programmation militaire avec encore une rallonge soudaine de plus de 8 milliards pour les munitions. On manque de moyens mais l’évasion fiscale persiste à grande échelle avec paradis fiscaux et sociétés offshore. Franchement, que répondre aux Français dans la galère quand ils voient que plus de 13 000 millionnaires n’ont payé aucun impôt sur le revenu en 2024 ? Rien. Aucune contribution ! Alors non, les caisses ne sont pas vides. Elles ne sont pas convenablement remplies pour l’école, l’hôpital et nos services publics en général. Mes chers collègues, une démocratie ne peut pas vivre durablement avec un peuple qui ne vote plus, l'incitation à la haine en continu, des élus empêchés d’agir, et des services publics qui reculent. Il est encore temps de se réveiller. De redonner du sens au vote. De redonner des moyens à l’école pour éviter des comparaisons entre territoires qui provoquent rancœur et jalousie. Certains n'attendent que ça pour nous diviser, loin, très loin de notre idéal de fraternité. Je vous remercie.
