CADEAUX FISCAUX À GOGO : QUI VA EN PAYER LES CONSÉQUENCES ?
vendredi 19 décembre 2025
Monsieur le Président, Mes chers collègues, Nul ne l’ignore : notre Conseil départemental joue un rôle central dans la vie sociale des habitants de l’Eure. Sa mission est simple mais essentielle : protéger, soutenir et accompagner chacun, au quotidien, en particulier les personnes les plus fragiles. C’est cette mission qui fonde sa légitimité. Permettez-moi de rappeler à quel point ses interventions, de notre assemblée et de ses services, touchent plusieurs domaines essentiels : - L’action sociale et la solidarité, avec l’aide aux personnes âgées, les maisons de retraite, le soutien aux familles et l’accompagnement des personnes en situation de handicap ; - L’éducation et l’enfance, à travers la gestion des collèges, la Protection maternelle et infantile et l’Aide sociale à l’enfance ; - Les infrastructures et services de proximité, comme les routes et le financement des bâtiments publics ; - La culture et le sport avec un soutien au monde associatif ; - La protection et la sécurité, notamment le service départemental d’incendie et de secours ; - Et puis, l’économie locale, l’insertion professionnelle et le tourisme, qui contribuent à la vitalité de nos territoires. Mais si le rôle du Département est crucial, il dépend largement des moyens humains et financiers qui lui sont alloués. Or, notre budget est confronté à un “effet ciseau” redoutable entre hausse des besoins et baisse des moyens. Pire, certaines décisions de désengagement de l’État compromettent notre capacité à agir au plus près de nos administrés. Nous payons cher huit années d'une politique irresponsable faite de privilèges immoraux et de cadeaux fiscaux à gogo estimés à 200 milliards d'euros. Pourtant, plus de la moitié des Départements sont désormais en quasi-faillite, contre un seul en 2022. Et cela a des conséquences directes sur la solidarité nationale. Nous le savons, une large partie de nos dépenses est contrainte ou obligatoire. Réduire les coûts dans le social, l’éducation, la solidarité ou les routes revient inévitablement à diminuer des services essentiels. Face à cette situation, une question simple se pose : comment envisagez-vous la suite ? Quels équilibres comptez-vous trouver pour que ce ne soient pas les personnes en difficulté qui paient le prix fort ? Nous devons nous interroger collectivement sur l’impact concret de ces décisions : - Faut-il craindre pour la protection des jeunes enfants fréquentant la PMI ou pour l’Aide sociale à l’enfance ? - Les personnes handicapées ou âgées seront-elles bien accompagnées et protégées ? - Quel impact sur l'avenir de nos collégiens, des familles en grande difficulté et des allocataires du RSA ? - Quels risques financiers pour nos pompiers, nos EHPAD, nos routes, la dynamisation des bourgs, le développement touristique, le sport et la culture ? Ces questions ne sont pas théoriques : elles concernent la vie quotidienne de centaines de milliers de nos concitoyens. Il est temps de clarifier les choix malheureusement décidés au plan national et de dire la vérité au plan local : où va-t-on couper et sur le dos de qui ? Je vous remercie de m’avoir écouté et de bien vouloir apporter vos réponses à ces interrogations.
