TRUMP NOUS ATTAQUE : L'EXTRÊME DROITE APPLAUDIT !
vendredi 14 mars 2025
Monsieur le Président, Mes chers collègues, Comme nous le craignions, l'élection de Donald TRUMP à la Maison blanche est un bouleversement politique mondial. Elle ne souffre pourtant d'aucune contestation possible puisque le président américain obtient, en quelques sortes, les "pleins pouvoirs", cumulant la Chambre des représentants, le Sénat, la Cour suprême, après avoir déjà remporté l'élection présidentielle, tant sur le nombre de Grands électeurs que pour le vote populaire. Voilà une issue qui pouvait sembler inimaginable quatre ans plus tôt, quand Donald TRUMP jouait un rôle majeur dans la remise en cause du résultat électoral, la tentative de fraude et la propagation des théories complotistes et conspirationnistes dont l'assaut choquant du Capitole par ses partisans a été le point culminant. Rappelons aussi que malgré l'absence de peine dans l'affaire Stormy DANIELS, Donald TRUMP a été reconnu coupable de 34 délits, devenant ainsi le premier criminel à accéder à la présidence des États-Unis. Une ascension dans la logique voulue par son ex-conseiller, Steve BANNON, coupable récemment d'un salut nazi, embarrassant pour le Rassemblement national qui avait, jusqu'ici, pu compter sur son soutien. Et c'est tout aussi pitoyable du côté d'Elon MUSK, l'homme le plus riche de toute l'histoire, soutien des partis d'extrême droite en Europe, auteur également d'un salut hitlérien. Voici donc les USA, notre partenaire historique, dirigé par un homme dont nul n'ignore désormais le caractère raciste, sexiste, xénophobe, violent et instable, capable de tout, et surtout du pire, comme l'a tristement illustré le guet-apens tendu, devant les caméras du monde entier, au Président ukrainien Volodymyr ZELENSKY le 28 février dernier. La brutalité et le chaos font pleinement partie de la fameuse stratégie de Trump d'"inonder la zone", lui qui se vante d'avoir signé en six semaines près de 100 décrets présidentiels et pris plus de 400 mesures exécutives. Cet activisme masque mal la médiocrité de celui qui voulait un traitement du Covid à base d'eau de Javel, éteindre l'incendie de Notre-Dame avec des canadairs ou, plus récemment, transformer la bande de Gaza en "riviera" de luxe. Mais méfions-nous du ridicule du personnage. Ses décisions ne sont pas sans conséquences, pour les Européens en général, et les Français en particulier puisque deux guerres nous menacent, l'une économique, l'autre militaire. S'agissant de la guerre économique, elle prend la forme d'une politique d'attractivité extrêmement favorable aux entreprises qui viendront s'installer sur le territoire américain, mais terriblement agressive à l'égard de celles qui resteront hors des États-Unis, les barrières douanières s'érigeant alors tel un mur autour du pays. Des secteurs entiers sont concernés comme l'agriculture puisque la France est le troisième pays fournisseur de produits agroalimentaires des Etats-Unis. Je pense par exemple aux producteurs de vins, de spiritueux et de lait. Mais Donald TRUMP menace également l’industrie européenne d’une surtaxe de 25% ce qui fait craindre le pire sur notre économie et la situation de l'emploi. Nos concitoyens doivent savoir, ou se souvenir, que de telles attaques contre notre pays, ses intérêts et ses travailleurs, sont soutenues par l'extrême droite française présente à Washington pour l'investiture de Donald TRUMP, qu'il s'agisse du RN - venu en délégation - d'Éric ZEMMOUR ou de Marion MARÉCHAL-LE PEN. Quant à la guerre militaire, nous sommes dans le plus grand flou, tant sur les revirements de l'aide américaine à l'Ukraine que sur l'étendue exacte de la menace russe. Comme l'a rappelé le Président de la République le 5 mars dernier, les agressions russes sont déjà bien concrètes : assassinats d'opposants – même à l'étranger -, attaques informatiques, tentatives de déstabilisation de nos démocraties, manipulation de l'information et des élections. Tout ceci est déjà véritable et vérifiable. Il n'est pas aisé pour autant d'estimer à sa juste mesure le danger que fait peser sur nous la Russie, enlisée depuis trois ans dans sa tentative d'occuper l'Ukraine. On notera d'ailleurs, qu'un ancien ministre de la Défense – Hervé MORIN – a récemment accusé Emmanuel MACRON d’«inquiéter excessivement» les Français. Or, compte tenu de ce contexte, le Président de la République a annoncé des "investissements supplémentaires" en matière de défense et demandé au gouvernement de travailler "le plus vite possible" sur des sources de financement, avec de "nouveaux choix budgétaires". Et là, je m'inquiète de la traduction de sa volonté de mobiliser "des financements publics" réclamant "des réformes, des choix, du courage". Je me méfie au plus haut point quand je l'entends dire que "sur toutes nos politiques publiques nous ne pouvons pas avoir les mêmes débats que naguère". S'il nous faut précisément estimer la menace et s'y adapter, nous espérons que ce ne sera pas prétexte à d'insupportables coups de rabot sur les dispositifs d'aides, de soutien et d'investissements. La censure du gouvernement BARNIER aurait dû entraîner une réorientation des choix budgétaires en tenant compte du résultat des élections législatives à l'issue desquelles, la gauche a terminé en tête. Au lieu de cela, s'ajoutent - au déni de démocratie et à la confiscation du résultat électoral – de nouvelles coupes budgétaires qui affecteront les collectivités territoriales. Alors chacun devinera facilement notre méfiance, voire notre hostilité, quand le Président MACRON appelle les Français à faire de nouveaux efforts. Nous ne sommes ni cyniques, ni naïfs. Simplement lucides quant aux choix politiques subis depuis huit ans qui ont tant favorisé ceux qui n'en avaient pas besoin, le système tout entier étant pensé et fait pour eux. Songez qu'il a fallu, malgré l'opposition honteuse de la droite et l'abstention bien lâche de l'extrême droite, que l'Assemblée adopte un impôt plancher de 2% sur le patrimoine des ultra riches pour enfin commencer à corriger cette anomalie qui veut que la secrétaire subisse un taux d'imposition plus fort que son patron milliardaire ! Alors, au gouvernement de faire, pour une fois, preuve d'audace et d'imagination pour mobiliser, si besoin, les moyens financiers nécessaires mais où ils se trouvent amassés. Je note d'ailleurs, que nous allons vers un assouplissement des règles budgétaires de l'UE et que la Commission européenne a dévoilé un plan de près de 800 milliards d'euros. Et dire que le reste du temps, lorsqu'il s'agit de mener la guerre à la misère ou d'engager le grand combat pour l'éducation, la santé, le logement ou l'environnement, nous sommes un état "en faillite" ou bien vivant "à l'euro près" ! Comme quoi, "quand on veut, on peut". Et nous, nous voudrons toujours la paix et la sécurité, la liberté et l'égalité, la fraternité et le progrès, sans jamais rien céder. Voilà la réflexion que je voulais partager avec vous. Je vous remercie de votre attention.
