Autoroute payante supplémentaire à l'est de Rouen
vendredi 7 janvier 2022
Mesdames et Messieurs, mes chers amis, Avant toute chose, permettez-moi de souhaiter à toutes et tous une belle année 2022 et surtout, surtout… une bonne santé. La santé, justement, il va en être question lors de mon intervention. Le 15 décembre dernier, avec dix jours d'avance, Jean Castex apportait leur cadeau de Noël aux fanatiques du tout béton et aux lobbys du tout camion en annonçant la validation du projet de contournement Est. Il s'était pourtant engagé à de ne pas aller contre l'avis des élus qui s’opposent à ce projet destructeur de vie et de paysages. Car, à ces 41 km et demi d'autoroute, la métropole de Rouen dit NON. Au financement de ce projet, le Département de l’Eure dit NON. Quand on interroge l’agglomération Seine Eure, elle dit NON. Quant aux associations citoyennes, elles disent NON, NON et NON ! Être contre ce projet, c'est se dire que les nouvelles problématiques du XXIe siècle ne se résoudront pas sur les bases d'étude du passé. Nous voulons de l'air, du bon, pas l'équivalent d'un marathon de béton et de goudron. Nous refusons le développement des cultures à particules fines dans L’Eure comme en Seine Maritime. On parle de 50 000 tonnes de CO2 supplémentaires par an. Avec ou sans masques, nous n'aurons pas fini de cracher et tousser ! Pourtant, d’autres solutions nous sortant des mauvaises habitudes existent, notamment dans le département de l’Eure. Tout d’abord, il faut rendre aux habitants la gratuité du péage d’Incarville. Nous devons également investir et miser sur le développement des transports en commun. Aussi, pourquoi ne pas mettre le paquet sur le ferroviaire, tant pour le fret que sur le transport de particuliers. N’oublions pas non plus les possibilités déjà actées, d’aménager des quais fluviaux permettant d’acheminer les matières premières industrielles notamment par la Seine. Ces alternatives modernes, audacieuses, parfois courageuses sont en phase avec l’impératif environnemental et climatique. Elles peuvent nous éviter un projet extrêmement coûteux. On parle bien au bas mot d’un milliard d’euros. Avec des péages de 5€ par véhicule léger et de 14€ par poids-lourd, ces 41 km et demi seront soit désertés, soit un nouvel impôt qui ponctionnera le pouvoir d’achat des habitants de notre bassin de vie. A rebours de toutes les recommandations environnementales, ce pseudo contournement Est – qui ne résoudrait aucun des problèmes d'embouteillages du Nord de Rouen - participerait à une artificialisation des sols de 516 hectares dont 270 de terres agricoles et 142 de forêts, impactant considérablement notre belle forêt de Bord. Enfin, que dire de ces 8 viaducs qui défigureront notre territoire ? Comment accepter qu'on saccage le magnifique paysage de la Côte des deux amants dans le canton de Pont de l’Arche ? L'Eure ne doit plus être seulement ce département si souvent traversé à toute vitesse par d'autres qui n'y vivent pas mais un territoire respecté, où il fait bon vivre. Nous n'avons pas à être le "pot de chambre" du déversement autoroutier. Mesdames et Messieurs, mes chers amis, notre combat ne s’arrête pas là. Avec ses élus, avec le collectif A133-134, avec l’association Non à l’autoroute, nous regardons la possibilité de recours juridiques toujours possibles. Tout cela peut porter haut, fort et loin quand des actions politiques et populaires se combinent, se rassemblent avec le plus grand nombre d’entre nous. Bossuet disait : "Dieu se rit des hommes qui se plaignent des conséquences alors qu'ils en chérissent les causes". Alors luttons contre les causes, perdons nos vieux réflexes du tout béton. Osons ne plus céder à la tentation du tout goudron ! Monsieur le Président du Département, pouvez-vous vous engager publiquement à être le porte-voix fidèle des habitants et des élus de votre territoire qui ne veulent pas voir ainsi souillés leurs champs et forêts, leurs coteaux et prés, leurs villages et vallées. Dites-nous comment vous pouvez intervenir pour que nos cadres de vie soient respectés tout comme nos décisions et notre santé.
