Conditions de rentrée au collège de Pont-de-l'Arche (27)
vendredi 22 juillet 2022
Monsieur le Ministre, Avec toute la communauté éducative du collège Hyacinthe Langlois de Pont-de-l'Arche (27), nous avions de bonnes raisons de nous réjouir des perspectives qui semblaient se dessiner pour la prochaine rentrée scolaire. Pensez donc : un collège tout neuf, avec des capacités d'accueil bien plus larges (800 places), la création d'une classe ULIS et une sectorisation enfin corrigée pour inclure à nouveau les enfants des communes voisines des Damps et de Criquebeuf-sur-Seine. Or, la fête est vraisemblablement gâchée pour diverses raisons qui nécessitent que nous vous interpellions. Tout d'abord, le plus grand flou persiste quant à la date réelle d'entrée dans les nouveaux bâtiments. Visiblement, rien ne garantit qu'elle se fera comme initialement prévu au retour des vacances d'automne. Voilà qui dégrade les conditions de travail des élèves, des enseignants, de la direction et des différents personnels, notamment ceux relevant du Département de l'Eure dont les effectifs n'ont pas été augmentés en prévision des locaux et de la cohorte à venir. Car la nouvelle sectorisation va faire passer le nombre d'élèves de 620 (rentrée 2021) à près de 680 (rentrée 2022). Pour répondre à ce bond quantitatif, n'est créée qu'une seule classe de 6e. Pour le reste, faute d'une dotation horaire suffisante, tout reposera à nouveau sur l'attribution d'heures supplémentaires aux professeurs qui le voudront et le pourront. Ces heures supplémentaires représentent désormais plus de 10 % des heures totales allouées à notre collège, une situation dont nous n'avons pas eu connaissance ailleurs dans le département. Nous voici donc avec de très nombreuses classes où s'entasseront 30 élèves et plus au point qu'il n'est pas sûr de trouver la place suffisante pour accueillir les Accompagnants des Élèves en Situation de Handicap. On nous alerte également sur d'autres conséquences dramatiques comme l'impossibilité de scolariser les élèves de 3e redoublants restés sans affectation. Se pose même la question de savoir où mettre les collégiens arrivant en cours d'année. On en est là. En plus de dotations inadaptées à la réalité de ces effectifs pourtant connus, nous déplorons les conditions d'annonce de celles-ci, un 29 juin, avec même des consultations du Conseil d'administration les 11 et 12 juillet ! Nous mettre ainsi devant le fait accompli est clairement ressenti comme un passage en force. Nos concitoyens n'en peuvent plus de voir chaque jour les preuves manifestes de leur abandon quand se répètent fermetures de classes, de bureaux de Poste, de gares ou de lits à l'hôpital. Ces prétendues "économies" viennent pourtant de coûter cher à votre majorité avec la perte sèche des cinq postes de députés de notre Département. Votre prédécesseur avait fait le choix de supprimer 7.900 postes d'enseignants dans le second degré public. Qui peut croire que l'on fera mieux avec toujours moins ? Il n'est plus supportable d'entendre dire aux uns qu'ils seront soutenus "quoi qu'il en coûte" tandis qu'est répondu aux autres qu'ils coûtent "un pognon de dingue". Voilà pourquoi, tout comme l'ont fait les représentants de parents d'élèves auxquels nous apportons notre entier soutien, nous demandons que soient attribués de toute urgence des moyens qui permettent de favoriser la réussite de tous les élèves, des moyens qui offrent aux professeurs et à l'équipe de direction des conditions de travail satisfaisantes, aidés par des personnels techniques eux aussi en nombre suffisant. Comptant sur votre intervention et restant disponibles pour en parler, nous vous adressons, Monsieur le Ministre, nos respectueuses salutations.
